Botswana · Cybersécurité · Conférences
Quelques fois par an, je pose mon ordinateur et je pars au Botswana accompagner des safaris. Ces deux activités se ressemblent plus qu'on ne le croit.
Dans les deux cas, je lis des environnements complexes. Ce que le terrain africain m'a appris sur la lecture du vivant, je l'utilise dans les salles de crise. Et ce que la cybersécurité m'a appris sur l'anticipation systémique, je l'ai retrouvé — autrement formulé — dans la façon dont un pisteur lit une piste au petit matin.
Je travaille dans la cybersécurité. C'est mon métier principal, celui que j'exerce la majeure partie de l'année — analyse de risques, gestion de crises, accompagnement d'organisations face à des menaces invisibles.
Ce travail demande une lecture fine des environnements. On cherche des signaux faibles. On prend des décisions avec des informations incomplètes. On agit dans l'incertitude sans en être paralysé.
Je donne aussi des conférences en milieu corporate — sur la gestion du risque, la résilience, la prise de décision en environnement incertain. Le bush est souvent mon point de départ. Pas comme métaphore décorative. Comme cas concret d'un système vivant qui oblige à penser autrement.
Je ne guide pas seule. Je n'ai pas la prétention de l'expertise locale que seules des années de vie sur ce territoire peuvent donner.
Je travaille toujours en binôme avec des guides botswanais — des professionnels qui connaissent chaque zone, chaque famille d'animaux, chaque variation saisonnière d'une façon que je ne pourrai jamais égaler. Mon rôle est différent. Je crée un cadre pour que le voyage soit lisible et serein pour des voyageurs francophones. Je fais le lien entre deux mondes — culturellement, linguistiquement, dans la manière de formuler ce qu'on voit.
Je ne promets pas les animaux. Je ne garantis pas le spectacle. Ce n'est pas de la fausse modestie — c'est une honnêteté fondamentale vis-à-vis du vivant. On part dans un territoire qui nous précède et qui nous survivra. On y est invités.